SYNAPPO: 7e journée scientifique au Centre International de Conférence de Bamako. Télécharger les presentations. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Dr Soumaïla COUMARE   
Samedi, 22 Février 2014 12:54

La salle Balla Moussa KEÏTA du CICB a abrité les travaux de la 7e journée scientifique du Syndicat Autonome des Pharmaciens d’Officine Privée (SYNAPPO) avec comme thèmes centraux: les affections génitales basses et les infections ORL aigues de l’enfant. C’était le jeudi 20 février 2014,...

sous la présidence du Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique M. Ousmane KONE représenté à l’occasion par son conseiller chargé des affaires pharmaceutiques, Dr Ibrahima COULIBALY.

 

La journée a également enregistré la participation des doyens de la profession, des représentants des ordres, syndicats et associations de santé, des pharmaciens sortis massivement et de la presse écrite et audiovisuelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'animation était assurée par l'Ensemble Instrumental National

Dans son allocution de bienvenue, le Président du SYNAPPO, Dr Cheick Oumar DIA a placé la journée dans son contexte avant de mettre en relief les acquis de l’année 2013. Il a notamment rappelé le choix porté sur notre pays à travers sa modeste  personne pour présider l’Inter Syndical des Pharmaciens d’Afrique (ISPHARMA) ; l’élaboration d’un calendrier de garde de nuit et les jours fériés pour mettre des médicaments de qualité à la disposition de la population à tout moment de la journée et la signature d’une convention collective du secteur privé pharmaceutique qui était régis jusqu’alors par la convention collective du commerce de 1956. Enfin, le Président s’est dit profondément attristé par la recrudescence du cambriolage des officines dont une quarantaine pour la seule année 2013. Il a adressé une interpellation forte à l’endroit de l’Etat et de tous les services de sécurité pour que des dispositions soient prises afin d’endiguer ce banditisme, avant qu’il n’y ait mort d’homme comme dans un pays voisin.

Lors de l’intermède musical, l’Ensemble Instrumental National a interprété deux chansons: Mali Dokotoro et Yala yala fura. Le chef d’orchestre a tenu à préciser que Mali Dokotoro a été modifié quand ils ont compris que les pharmaciens sont aussi Docteurs et qu’ils ne sont pas que dans le secteur public. Dans la seconde chanson ils rappellent les risques liés à l’utilisation des médicaments de la rue et le chef d’orchestre d’inviter les autorités ainsi que les professionnels de santé à améliorer l’accueil dans les structures de soin et à rendre accessibles les soins de qualité à nos populations.

Le représentant du Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique a d’abord félicité l’ensemble instrumental et rappelé les efforts du gouvernement pour améliorer la santé de nos populations. Il les invite à poursuivre la réflexion pour enrichir davantage les deux morceaux. Il a ensuite pris bonne note de l’inquiétude grandissante du Président du SYNAPPO face à l’insécurité des officines de pharmacie privées. Dr COULIBLAY se réjoui du choix des deux (2) thèmes centraux qui se rattachent aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) notamment les objectif 4 et 5 des OMD.

Il a invité les participants à plus d’implication pour la formulation de recommandation pertinentes à la fin des travaux. La disponibilité et l’accompagnement du département ne feront pas défaut pour la mise en œuvre des recommandations et sur ce, il déclara ouverts les travaux de la 7e journée de l’officinal au Mali.

La séance fut levée pour une visite des stands et la pause café. A la reprise les présentations ont porté sur :

 

 

 

 

 

 

 

 

Thème 1: les affections génitales basses : leucorrhées, sécheresse vaginale, hygiène intime.

Ce thème a été présenté par Dr THERA T. Augustin, Maître Assistant en Gynécologie au CHU du Point G. Sa présentation a porté sur : une introduction, les leucorrhées et sécheresse vaginale (définition, causes, diagnostic et traitement), la prévention (hygiène intime) et une conclusion ;

 

 

 

Thème 2 : prise en charge médicale des infections ORL aiguës chez l’enfant.

Présenté par Dr KANE du service de pédiatrie de l’Hôpital du Mali, il a porté sur : l’ampleur du problème, les rappels anatomiques et particularités anatomiques des voies aériennes supérieures de l’enfant, les fonctions des VAS, les principales infections ORL aiguës de l’enfant et leurs prises en charge (Rhinopharyngite, sinusite, otite moyenne aiguë).

A la fin de sa présentation Dr KANE a fait une démonstration, sur un mannequin, de la technique de désinfection rhinopharyngée au sérum physiologique.

Ces deux thèmes centraux ont été complétés par un troisième thème sur la nutrition de l’enfant.

 

 

Thème 3 : nutrition maternelle et infantile. Les 1 000 premiers jours : Bâtir le Futur.

Ce thème fut présenté par Dr TRAORE Oumar Sali, Nutritionniste/DM Nestlé et s’est articulé autour de : nutrition et indicateurs de santé, de quoi meurent les enfants de moins de cinq ans ? Comment briser le cycle malnutrition et pauvreté ? Le concept 1 000 premiers jours.

Ces différentes présentations ont été faites avec un présidium composé de Pr CISSE Boubacar représentant le Doyen de la profession, de Dr COUMARE Soumaïla et Dr KONE Noumouké comme rapporteurs. Pour les débats seize participants se sont inscrits, les contributions et les questions ont portées sur : (i) l’utilisation traditionnelle des plantes médicinales (comme le Vétiver) en gynécologie chez nous; (ii) l’utilisation de substances appelées secrets de femme en gynécologie; (iii) l’utilisation du beurre de karité dans la prise en charge des infections ORL chez l’enfant ; (iv) la disponibilité de certains compléments nutritifs de l’enfant et l’application de la TVA sur les laits et farines en pharmacie au Mali contrairement à deux pays voisins; (v) les difficultés liées à la dispensation des médicaments gynécologiques quand la patiente elle-même ne vient pas chercher les produits ; (vi) les mamans qui mouchent leurs enfants par aspiration avec la bouche et le traitement des infections oculaires par le lait maternel ; (vii) le diagnostic différentiel entre les différents types de leucorrhées; (viii) les cause de l’otite moyenne aigue ; (ix) la place de la désinfection rhinopharyngée au sérum physiologique dans la pris en charge de la rhinopharyngite aigue; (x) la fréquence et le moment des toilettes intimes ; (xi) le lien entre les infections ORL et la dentition chez l’enfant ainsi que la différence entre les laits Guigoz et Nan ; (xii) la disponibilité des pilules contraceptives, les effets secondaires du traitement hormonal substitutif lors de la ménopause et l’efficacité de Vaxigrip sur nos souche virales ; (xiii) l’utilisation par les femmes de solutions antiseptiques pour se rendre propres; (xiv) les limites du pharmacien à l’officine dans la prise en charge des infections ORL chez l’enfant et des infections gynécologiques basses ; (xv) l’utilisation des protège-slips et des gouttes auriculaires à base d’antibiotiques; (xvi) l’application de la convention collective du secteur privé pharmaceutique.

Dans ses éléments de réponse, Dr THERA a expliqué que certains produits utilisés comme secrets de femme sont corrosifs, ces produits n’ont ni AMM et n’ont pas fait l’objet de recherche scientifique.Donc leur place reste difficile à déterminer. Il a déploré les prescriptions par téléphone de produits gynécologiques de la part de certains praticiens. Il a aussi expliqué l’approche syndromique dans le diagnostic et la prise en charge des infections génitales basses et attiré l’attention sur la banalisation des contraceptifs qui restent des traitements hormonaux. Il assure que le traitement hormonal substitutif va rentrer dans nos pratiques car de plus en plus les femmes veulent rester actives après la ménopause seulement, il faut faire une évaluation du rapport bénéfice/risque. Il ne peut pas conseiller les plantes médicinales car, ne maitrisant pas tous les contours de leur utilisation en terme de dose et de posologie. La toilette excessive est déconseillée surtout avec des produits non physiologiques et la fréquence de leur utilisation en dehors des règles est de deux fois par jour. Il a rappelé les caractéristiques du Pilplan (pilule œstro-progestative normo dosée) et donné des exemples de pilules de substitution pour pallier à la rupture actuelle. Il conseille de ne pas faire une utilisation continue des protège-slips sans avis médical et déconseille ceux qui sont parfumés. Enfin il a précisé le rôle du pharmacien d’officine dans la prise en charge des infections génitales basses : dispensation des médicaments et orientation des patientes.

Dr KANE trouve que le beurre de karité est utilisé pour ses propriétés décongestionnantes mais le manque d’hygiène dans son utilisation chez les enfants lui gêne beaucoup, tout comme le mouchage par la bouche. Il a expliqué toute l’importance de la désinfection rhinopharyngé au sérum physiologique, qui ne doit pas être faite pendant le sommeil de l’enfant, avant de préciser que les infections ORL chez l’enfant sont généralement des maladies d’adaptation et que les angines bactériennes sont rares chez l’enfant avant ses 3 ans.

La rhinopharyngite n’a rien à voir avec la dentition et la toux peut seulement en être une complication. Il précise que Vaxigrip ne couvre que le virus de la grippe mais peut servir et, déconseille vivement l’automédication chez les enfants car seulement 20% des médicaments chez l’enfant ont fait l’objet d’étude clinique. L’utilisation des gouttes auriculaires antibiotiques a tendance à être abandonnée.

Dr TRAORE Oumar Sali a quant à lui précisé que le taux de 38% d’allaitement au Mali concerne l’allaitement maternel exclusif qui est plus pratiqué dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Il informe que les autres variétés de Cerelac seront disponibles bientôt et, trouve que les aliments pour bébé ne sont pas chers comparativement à l’utilisation des aliments inappropriés avec toutes les complications qui s’en suivent. Seulement il convient que ces aliments ne doivent pas être taxés dans un pays comme le notre et demande l’appui de tous les partenaires pour l’abandon de la TVA sur les laits et farines pour enfant.

Les conférenciers ont été complétés par deux professeurs présents dans la salle.

Pr Rokia SANOGO affirme que les plantes ont un grand rôle à jouer dans la prise en charge des infections gynécologiques comme alternative des traitements classiques seulement, elle conseille une utilisation des plantes par des professionnels. Elle précise que le vétiver est une plante à huiles essentielles qui peut donc nettoyer et désinfecter. Les phyto-œstrogènes peuvent être également utilisés dans la gestion de la ménopause.

Le Pr Flabou Bougoudogo préconise le terme de germes commensaux à celui de germes saprophytes au niveau vaginal. Il a expliqué que le pneumocoque et le Hib sont des germes difficiles à isoler au laboratoire. Il s’est dit satisfait de la démarche proposée par le conférencier et, les antibiotiques qu’il recommande sont ceux qui conviennent en de pareilles situations.

Le Président de séance, Pr CISSE  a demandé aux pharmaciens de s’approprier la convention collective du secteur privé pharmaceutique et de faire sa promotion. Il a félicité les trois conférenciers avant de soumettre à la réflexion des pharmaciens d’officine privée un exercice sur le cas d’une femme qui souffre d’infection génitale basse qui se présente à la pharmacie accompagnée d’un enfant souffrant d’infections ORL et d’un autre atteint de malnutrition. Pour lui, le pharmacien doit connaitre ses limites et avoir un dialogue avec le médecin et, c’est pourquoi il renvoie les pharmaciens au serment de Galien dans lequel ils ont juré d’exercer dans l’intérêt de la santé publique leur profession avec conscience et de respecter non seulement la législation en vigueur, mais aussi les règles de l’honneur, de la probité et du désintéressement….

Au terme des travaux la 7e journée de l’officinal retient les recommandations suivantes:

Elle demande à l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des officines de pharmacie privées sur toute l’étendu du territoire national;

Elle demande au Conseil National de l’Ordre des pharmaciens du Mali de veiller au respect strict des textes législatifs et réglementaires qui régissent la profession;

La journée demande au SYNAPPO de poursuivre l’effort dans la formation des pharmaciens d’officine et l’amélioration de l’accessibilité financière et géographique de nos populations à des médicaments et produits de santé de qualité sur toute l’étendue du territoire national;

Pour une bonne prise en charge des infections génitales basse, la journée demande aux pharmaciens de bien conseiller les patientes pour mieux les orienter vers les structures adéquates;

Elle demande aux pharmaciens de bien expliquer aux mamans la technique de désobstruction nasale par le sérum physiologique et, si possible avec des démonstrations sur un mannequin à l’officine;

Enfin, elle demande aux SYNAPPO de s’impliquer activement dans le plaidoyer pour que la malnutrition ne soit plus taxée au Mali par l’abandon de la TVA sur les farines et les substituts du lait maternel.

Lors de la cérémonie de clôture, le Président du CNOP en la personne de Dr DOUMBIA Abdou a rappelé l’obligation de formation continue pour le pharmacien d’officine privée et remercié le SYNAPPO qui offre chaque année des formations gratuites aux pharmaciens pendant qu’elles sont payantes dans certains pays voisins.

Avant de clôturer les travaux de la 7e journée scientifique de l’officinal, le Président du SYNAPPO a remercié le département de la santé, le CNOP, les ordres et associations de santé présents ainsi que les nombreux confrères et tous ceux qui ont fait le déplacement. Il a vivement remercié les sponsors et particulièrement les trois sponsors en or qui ont permis la réalisation de la présente journée.

Rendez-vous a été pris pour la nuit du pharmacien que le SYNAPPO organisait le lendemain, toujours au CICB et vivement la 8e journée!!!